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Disparition du mathématicien Maurice Audin, et début de l’affaire Audin

21 juin 1957

Voir en ligne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mauri...

Portrait par Ernest-Pignon-Ernest

Qui était Maurice Audin ?

« Un jeune mathématicien algérois, né le 14 février 1932 à Béja (Tunisie), assistant de mathématiques à l’Université d’Alger, militant de la cause anticolonialiste, communiste ; il luttait pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il avait entrepris, dans des conditions difficiles, la rédaction de sa thèse qu’il devait soutenir. Pour mettre au point le déroulement de la soutenance, qui ne pouvait se faire qu’à Paris, sur les conseils de son directeur de recherches, René De Possel, il était venu à Paris rencontrer Laurent Schwartz qui, après examen du travail de recherche de Maurice Audin, avait demandé quelques modifications tout en acceptant le projet de soutenance à brève échéance. » (Association Maurice Audin)

L’affaire Audin

« En pleine bataille d’Alger, Maurice Audin est arrêté chez lui, sur dénonciation, le 10 juin 1957, par des parachutistes français chargés du maintien de l’ordre. Sa femme, Josette, et ses trois jeunes enfants ne le reverront plus jamais. Il est mort sous la torture, vraisemblablement le 21 juin 1957 ; entre les deux dates du 10 et du 27 juin 1957, un des rares témoins à l’avoir rencontré est Henri Alleg, journaliste, arrêté et torturé lui aussi ; il est l’auteur d’un livre de témoignages sur la torture : » La Question « . » (Association Maurice Audin)

« Dès qu’elle a le pressentiment de la mort de Maurice, Josette Audin informe Laurent Schwartz de la disparition de son mari. Laurent Schwartz essaie de s’informer, mais devant le mutisme ou les mensonges des autorités politiques et militaires de l’époque, il décide avec le soutien de quelques intellectuels de lancer, au second semestre de l’année 1957, le » Comité Audin « dont l’un des objectifs est de connaître la vérité sur la mort de Maurice. L’un des animateurs de ce comité, Pierre Vidal-Naquet, a écrit plusieurs ouvrages sur l’affaire Audin et la torture en Algérie. Quelques informations distillées par les autorités civiles et militaires de l’époque laissent supposer que Maurice Audin se serait » évadé « au cours d’un transfert.. » (Association Maurice Audin)

Développements récents

Le 16 mai 2001, le général Aussaresses ayant reconnu avoir ordonné au lieutenant Charbonnier d’interroger Maurice Audin, Josette Audin dépose une plainte pour séquestration et crime contre l’humanité. De nouveau, un non-lieu est prononcé en juillet 2002.

En juin 2007, Josette Audin écrit à Nicolas Sarkozy, récemment élu président de la République, pour lui demander que soit éclairci le mystère de la disparition de son mari et pour que la France assume sa responsabilité dans cette affaire. Le 1er janvier 2009, sa fille, Michèle Audin, refuse le grade de chevalier de la Légion d’honneur au motif que le président n’avait pas donné suite à la demande de sa mère ni même répondu à sa lettre.

En 2012, le président François Hollande se rend devant la stèle élevée à la mémoire de Maurice Audin à Alger et fait lancer des recherches au ministère de la Défense sur les circonstances de sa mort.

Le 8 janvier 2014, un document est diffusé en exclusivité dans le Grand Soir 3 dans lequel le général Aussaresses (mort le 3 décembre 2013) déclare au journaliste Jean-Charles Deniau qu’il a donné l’ordre de tuer Maurice Audin4. « Il reviendra aux historiens de travailler sur la véracité de ces déclarations posthumes, de les confronter aux archives relatives à l’affaire Maurice Audin qui ont été récemment ouvertes par François Hollande et de réclamer au gouvernement la restitution par la famille Aussaresses des documents officiels encore en leur possession. »

En juin 2014, le président Hollande, dans un message adressé à l’occasion du prix de mathématiques Maurice-Audin, reconnaît officiellement pour la première fois au nom de l’État français que Maurice Audin ne s’est pas évadé, qu’il est mort en détention, comme, explique-t-il, les témoignages et documents disponibles l’établissent.

Dès l’élection du président Emmanuel Macron, un groupe de personnalités comprenant des historiens, des artistes, des journalistes demandent au chef de l’État de mettre à disposition les documents mentionnés dans le message de François Hollande de juin 2014.

Le 12 janvier 2018, le mathématicien et député Cédric Villani indique qu’après avoir parlé de l’affaire Audin avec le président Emmanuel Macron, il peut déclarer que : « Maurice Audin a été exécuté par l’Armée française », tout en affirmant qu’il n’y avait aucune trace de cette exécution dans les archives.

Le 14 février 2018, les deux députés, Cédric Villani et Sébastien Jumel, appellent à une reconnaissance officielle de l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française, en présence de Josette Audin et son fils Pierre.

Le 13 septembre 2018, le président Emmanuel Macron reconnaît la responsabilité de l’État français dans la disparition de Maurice Audin, en présence de sa famille, au domicile de Josette Audin à Bagnolet.

Josette Audin meurt le 2 février 2019.

Le 11 juin 201945, un cénotaphe est inauguré au cimetière du Père-Lachaise (76e division).

Le 10 septembre 2019, un arrêté du Premier ministre annonce l’ouverture des archives publiques françaises relatives à la disparition de Maurice Audin.


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