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Histoire | Numérique
Le Petit Trianon entre dans le monde virtuel


jeudi 5 mai 2011

En mariant architecture et multimédia, des chercheurs ont élaboré une superbe maquette virtuelle du Petit Trianon du château de Versailles. Une réalisation de plus pour une équipe qui reconstitue des monuments parmi les plus beaux de notre patrimoine. Avec un triple objectif, de conservation, de restauration et de valorisation.

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En moins de trente secondes, les murs de la grande salle à manger du Petit Trianon se parent de moulures, de glaces et de tableaux, tandis que le sol s’habille de parquet, que trois sièges et une statuette posée sur une console font leur apparition et que le soleil s’engouffre par les fenêtres. Bienvenue au premier étage de cet édifice construit dans le parc du châ- teau du Versailles et offert par Louis XVI à Marie- Antoinette en 1774. Ou du moins, bienvenue dans sa reconstitution en 3D, créée avec un réalisme et une précision saisissants par les orfèvres de la simulation numérique du laboratoire Modèles et simulations pour l’architecture, l’urbanisme et le paysage (MAP)1 de Marseille.

En ligne depuis septembre 2010 et fruit de plus de deux ans de travail, le site Internet consacré au Petit Trianon permet de déambuler virtuellement à travers les pièces les plus importantes de ce joyau du patri- moine architectural français. D’ici à quelques mois, il offrira aussi la possibilité de visiter ces mêmes appar- tements remeublés en 1811 pour l’impératrice Marie- Louise ou en 1839 pour la duchesse d’Orléans. Le projet est en tout point conforme au credo de base de l’équipe du MAP : proposer des représentations tri- dimensionnelles d’édifices de première importance pour mieux les comprendre... et les faire comprendre au plus grand nombre. Cette nouvelle prouesse s’ajoute à la vingtaine de réalisations déjà à l’actif du laboratoire marseillais, dont la reconstruction du château comtal de Carcassonne, de la frise supérieure de l’Arc de Triomphe et du centre Pompidou à Paris, ou encore du capitole de Dougga en Tunisie.

La reconstitution effectuée par les chercheurs rend compte de la complexité formelle et historique de chacun des bâtiments. « Chaque maquette est enrichie grâce aux nouvelles connaissances que nous engrangeons sur l’édifice et se veut un outil scientifique au service des architectes, des historiens et des conservateurs. Mais celle-ci ne représente que la partie émergée de l’iceberg, insiste Michel Berthelot, directeur adjoint du MAP. Nous consti- tuons systématiquement une vaste base de données, accessible à partir d’une plateforme intitulée Nubes, qui permet de décomposer entièrement un bâtiment et d’isoler, par exemple, une colonne ou une voûte pour en étudier l’organisation spatiale et la mise en œuvre technique. »

Alors comment se fabrique une maquette 3D ? Tout commence par l’acquisition du maximum de données spatiales sur l’édifice, à l’aide, entre autres, d’un scanner laser. « Toutes ces données restituent les aspects dimensionnels de l’ouvrage sous forme d’un nuage comprenant plusieurs millions de points dans l’espace », explique Livio De Luca, en poste au MAP. L’étape suivante voit cette masse de données convertie en une sorte de squelette dimensionnant et positionnant les principaux éléments architecturaux du bâtiment (arcs, claveaux, volutes...).

« Pour élaborer cette première version 3D, nous consultons toute la documentation technique à même de nous renseigner sur les règles qui ont présidé à la conception et à la construction de l’édifice, poursuit Livio De Luca. Et quand un bâtiment est partielle- ment détruit, nous représentons des hypothèses de restitution, avec l’appui de spécialistes de la période et de l’édifice. » L’ultime manœuvre, baptisée extrac- tion et projection de textures, consiste à projeter sur le modèle géométrique les relevés photographiques acquis lors de campagnes terrestre et aérienne au moyen d’un hélicoptère radiocommandé ou d’un ballon dirigeable. À présent, le MAP concentre tous ses efforts sur la modélisation 3D du pont d’Avignon et de ses abords, soit environ 50 km2, afin, précise Michel Berthelot, de « resituer ce site dans le paysage fluvial de l’époque médiévale ».

Source : PHILIPPE TESTARD-VAILLANT / Journal du CNRS N°256


1. Laboratoire CNRS/École nationale supérieure d’architecture de Marseille/École d’architecture de Nancy/Ministère de la Culture et de la Communication.


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